Questions fréquentes
Qu’est-ce que la psychanalyse ?
La psychanalyse est une méthode d’exploration et d’investigation des différentes composantes du psychisme humain. Fondée par Sigmund Freud à la fin du XIXe siècle, à Vienne, elle se développe principalement à partir des années 1890 avant de connaître un essor important au début du XXe siècle. Depuis, cette discipline a été approfondie et renouvelée par de nombreux psychanalystes, notamment Mélanie Klein et Jacques Lacan.
La psychanalyse demeure aujourd’hui encore d’une grande actualité. En tant que méthode d’exploration du psychisme et de l’inconscient, elle offre à ceux qui s’y engagent la possibilité d’un véritable travail sur eux-mêmes et peut apporter des effets durables sur la souffrance psychique.
Elle se distingue des autres pratiques thérapeutiques par la place centrale qu’elle accorde à la parole. L’écoute y occupe une fonction essentielle, mais c’est surtout la libre circulation de la parole qui constitue le cœur de l’expérience analytique. Cette parole, porteuse des désirs, des conflits et de l’histoire singulière de chacun, ouvre un chemin vers une vérité subjective.
La méthode psychanalytique cherche à comprendre les souffrances, les désirs et les conflits intérieurs qui traversent l’individu dans une société contemporaine souvent génératrice de mal-être, de fatigue, de lassitude et d’épuisement. Le contexte actuel, marqué par l’exigence de performance, de rentabilité et de réussite, peut en effet produire chez beaucoup un profond sentiment d’usure et une difficulté à trouver une place singulière dans une course permanente au progrès.
Pour Jacques Lacan, la psychanalyse n’est ni une philosophie, ni une croyance, ni tout à fait une science.
Elle travaille avec l’imaginaire, les fantasmes et tout ce qui, dans l’être humain, échappe à la maîtrise consciente. Elle se confronte également à ce qu’il y a d’impossible dans le désir, dans l’être et dans le manque.
Souvent critiquée parce qu’elle touche à l’intime et aux zones les plus secrètes de chacun, la psychanalyse a néanmoins permis à de nombreuses personnes de transformer durablement leur rapport à elles-mêmes, aux autres et à leur existence.
Pourquoi consulter un psychanalyste ?
A cause de la peur qui est souvent le motif principal. Peur souvent inconsciente, elle conduit l’individu chez le psychanalyste. C’est souvent la peur qui anime la personne, elle l’envahit si elle doit faire face à des évènements non voulus ou des choses inattendues, mais assurément des choses qu’elle ne comprend pas.
Incompréhension également à cause des grandes lois mécaniques de l’Inconscient et du destin. L’être humain ressent la peur. De plus en plus. Cette peur ressentie augmente au fur et à mesure qu’elle produit en parallèle chez lui une souffrance souvent assez forte qu’il ne peut comprendre, alors la peur prend le dessus dans l’inconscient. Elle s’amplifie au fil du temps. C’est la panique d’abord la névrose ensuite.
La névrose hystérique est la plus répandue. Avec elle le corps devient malade de la peur d’être malade, sans l’être en réalité : ce sont des paralysies, des défaillances, des blocages d’organes locomoteurs et articulaires : coude, cheville, genou, pied hanche, ce sont les paralysies en tous genres comme les paralysies faciales, les migraines parfois ophtalmiques. Ce sont aussi des organes visuels ou auditifs, la vue et la parole peuvent être touchées momentanément. Ce sont également des douleurs intestinales, des indigestions, des constipations ou des diarrhées, des sciatiques, des douleurs aux cervicales, aux articulations, au dos.
Ce sont des crises paniques d’angoisse, de la tachycardie, des crises de transpirations nocturnes ou diurnes, des cauchemars. Ce sont des vertiges, des pertes d’équilibre, des peurs de vomir, des angoisses terribles. Ce sont les symptômes concernés par l’angoisse de conversion appelée également hystérie d’angoisse.
La psychanalyse cherche à comprendre le sens profond de ces symptômes. Avec l’aide du psychanalyste, la personne explore son histoire, ses émotions et ce qui, dans son inconscient, peut être à l’origine de sa souffrance.
La place de la parole
Pour la psychanalyse, la parole joue un rôle essentiel. Les mots permettent à chacun de donner du sens à ce qu’il ressent et à ce qu’il vit.
Pendant les séances, la personne est invitée à parler librement, sans jugement et sans préparation particulière.
Elle peut évoquer ses pensées, ses fantasmes, ses souvenirs, ses rêves, ses émotions, ses espoirs les plus secrets ou ses difficultés du quotidien.
L’interprétation des lapsus, les rêves, les actes manqués ou certains comportements peuvent aussi aider à mieux comprendre le fonctionnement de l’inconscient.
La rencontre avec le psychanalyste
Ce qui fait le charme de la psychanalyse dit Lacan, c’est la rencontre avec un psychanalyste. Instant qui se révèle vraiment être une rencontre singulière et originale, qui ne ressemble à aucune autre. Cette rencontre ne ressemble à aucun cahier des charges, aucun prototype prédéfini ou préétabli.
Il ne s’agit pas forcément de raconter à tout prix sa vie au psychanalyste, il n’est pas recéleur ou gardiens d’histoires familiales.
Pas question non plus de se confesser au psychanalyste, il n’officie pas au confessionnal et c’est plutôt rare qu’il soit aussi un prêtre. Si la psychanalyse n’est pas une croyance, elle est encore moins une religion. Chez le psychanalyste on est tout simplement invité à dire ce qui passe par la tête.
C’est d’ailleurs ce qui est préconisé au début de la psychanalyse. Ce qui vient à l’esprit dans la séance, l’analysant est invité à le dire sans censure aucune.
Ce point reste parfois difficile à certains.
Ce qui fait que la psychanalyse repose avant tout sur une rencontre et un échange entre deux personnes : le patient et le psychanalyste.
Le psychanalyste écoute, accompagne et aide la personne à réfléchir sur ce qu’elle vit. Il ne juge pas, ne donne pas de leçons, il n’est pas un gourou et ne fonctionne pas comme un confesseur.
Le cadre des séances permet à chacun de s’exprimer librement et de mieux comprendre son fonctionnement intérieur.
Le rôle de la psychanalyse
La psychanalyse aide la personne à mettre des mots sur sa souffrance et à mieux comprendre ses désirs, ses peurs et ses difficultés.
Ce travail demande du temps et un engagement personnel. Il permet progressivement de mieux se connaître. Connais-toi toi-même disait déjà l’inscription sculptée au fronton du temple de Delphes.
Cela permet de comprendre les raisons de certaines situations et de certains comportements répétitifs pour ensuite pouvoir les liquider. La psychanalyse permet aussi de faire progresser sa conscience de soi et sa conscience de l’environnement extérieur.
Cette démarche, promesse des futurs progrès est déjà en soi une assurance d’un mieux-être.
Comment est née la théorie psychanalytique ?
Naissance de la Théorie Psychanalytique
La psychanalyse naît à la fin du XIXe siècle grâce aux travaux de Sigmund Freud, médecin neurologue autrichien né en 1856. À travers ses recherches, Freud élabore une nouvelle manière de comprendre le fonctionnement du psychisme humain et ouvre une voie inédite dans l’exploration de la vie intérieure.
Progressivement, il devient célèbre et est reconnu comme le fondateur de la psychanalyse, une méthode d’introspection destinée à explorer les pensées, les désirs et les souffrances inconscientes. Le terme « psychanalyse » provient d’ailleurs de deux mots grecs : l’un renvoie à l’âme ou à l’esprit, l’autre signifie délier ou dénouer. La démarche psychanalytique vise ainsi à mettre au jour et à dénouer les conflits intérieurs susceptibles de faire souffrir une personne.
Au cœur de la pensée freudienne se trouve l’idée que notre vie psychique est largement gouvernée par l’inconscient. Celui-ci conserve des souvenirs, des émotions, des désirs et des expériences souvent refoulés. Même lorsqu’ils échappent à la conscience, ces éléments continuent d’influencer nos comportements, nos pensées et nos relations aux autres, parfois de manière bénéfique, parfois de façon plus douloureuse. Pour Freud, rien dans la vie psychique ne se produit sans l’intervention de l’inconscient.
Dans cette perspective, la psychanalyse accorde également une place essentielle à la sexualité, au langage et aux expériences vécues dès l’enfance. Les paroles entendues dans la famille, à l’école ou plus largement dans la société participent à la construction de la personnalité et de l’inconscient. L’être humain se construit ainsi à travers les mots, les liens et les expériences qui marquent son histoire.
Freud met aussi en lumière l’importance du symbolique, c’est-à-dire la capacité de représenter les choses, les vécus et les affects. Cette dimension symbolique permet à chacun de donner un sens à son expérience. C’est pourquoi Freud insiste sur la notion de vérité subjective : chaque individu construit sa propre vérité à partir de son histoire, de ses émotions et de son vécu singulier.
Les grandes découvertes associées à la psychanalyse concernent ainsi le rôle de l’inconscient, de la sexualité, du langage et du symbolique, mais aussi la recherche de cette vérité subjective propre à chacun. Ce travail conduit souvent à mieux comprendre la formation des symptômes psychiques, première étape vers leur transformation. Les concepts élaborés par Sigmund Freud ont profondément marqué la compréhension moderne de l’être humain et continuent encore aujourd’hui d’influencer la réflexion sur le psychisme et la souffrance humaine.
Quelles sont les découvertes de Freud ?
C’est d’abord la découverte d’une composante inconnue dans le psychisme humain. C’est l’inconscient et son importance dans les mécanismes psychiques. Tous les vécus sont enregistrés, inscrits au plus profond de l’être, chaque seconde en est consignée dans cette entité appelée l’Inconscient. La psychanalyse a montré tout au long de sa vie l’importance des mécanismes inconscients qui dominent très souvent le sujet à son insu. Lacan présente l’individu comme sujet des désirs de son inconscient. La psychanalyse considère que des discours environnants des autres participent aux formations de l’inconscient. Ce sont par exemple les discours entendus à la maison, à l’école dans la vie sociale ou professionnelle. Discours alors de la prime enfance, de l’enfance, de l’adolescence et même de l’âge adulte. Leurs effets sont fluctuants selon l’importance que le sujet va leur attribuer. Les discours ont façonné les formations de notre inconscient par leur acceptation ou leur refus, leur adhésion, ou bien encore par leur rejet ou bien leur désaccord. Outre un réservoir de pulsions diverses, l’inconscient est également un lieu de stockage des motions, des pensées et des évènements refoulés, y compris toutes les sortes de dénis.
C’est ensuite la découverte de l’importance de la sexualité. C’est également la découverte de l’importance de la trame de l’inconscient, elle traverse en permanence celle de la sexualité. Ce corolaire oblige au constat qu’il n’existe pas d’inconscient sans sexualité, et qu’il n’existe pas de sexualité sans inconscient.
Freud a découvert également une nouvelle propriété du psychisme humain : le symbolisme et l’importance de pouvoir y accéder. Freud va mettre en évidence pour chaque individu un assujettissement inévitable aux lois du langage qui ne le laissera pas sans dommages par la suite.
La nouvelle discipline extraordinaire inventée par Freud rassemble maintenant plusieurs découvertes notoires : l’inconscient, la sexualité, le champ du symbolique. Une quatrième découverte sera ajoutée plus tard, à la suite des investigations de Freud, c’est la question de la vérité qu’il portera désormais au premier plan, tout comme le psychanalyste Jacques Lacan plus tard. Cette vérité regarde absolument tout le monde car chaque sujet est concerné par sa vérité. Elle est appelée la vérité subjective. Vérité construite par identifications successives, fantasmatiques ou pas, qui permettront d’abord au sujet en devenir d’acquérir une ébauche des représentations naissantes, puis un accès davantage fourni de ces représentations qui déboucheront finalement sur des mécanismes de pensées opérationnelles. Facultés de pensée qui permettront petit à petit l’appréhension du monde environnant. Ou pas.
La psychanalyse est-elle différente des autres méthodes ?
Originalité de la Psychanalyse
La psychanalyse demeure l’une des rares disciplines à accorder une place centrale au désir dans la compréhension de l’être humain. Pour Sigmund Freud puis Jacques Lacan, les désirs de l’enfant se construisent d’abord autour des premières figures d’attachement avant de se déplacer progressivement vers d’autres personnes. Ils participent ainsi à la construction de la vie affective et des relations futures.
Selon la psychanalyse, l’inconscient conserve les désirs, les émotions, les affects ainsi que de nombreuses expériences parfois refoulées. À la manière du disque dur d’un ordinateur, rien ne disparaît totalement : même lorsque certains souvenirs semblent oubliés, il en subsiste toujours une trace. Ces éléments enfouis peuvent alors nourrir des conflits intérieurs à l’origine de souffrances, de blocages ou de symptômes psychiques et corporels.
Les séparations, les pertes, les deuils, les manques ou encore les déceptions sont souvent difficiles à accepter. Pour se protéger, le psychisme met en place différents mécanismes de défense qui n’apportent bien souvent que des réponses provisoires et illusoires. Le travail psychanalytique cherche précisément à comprendre ces mécanismes afin de les désamorcer progressivement et d’aider la personne à mieux vivre avec son histoire et ses émotions.
Freud introduit également la notion de libido, qu’il définit comme une énergie psychique liée aux désirs, aux pulsions et à la vie émotionnelle. Lorsque cette énergie circule difficilement, elle peut influencer l’équilibre affectif, relationnel et psychique de l’individu.
Le travail analytique consiste alors à explorer les conflits inconscients, à les dénouer et à mettre des mots sur ce qui fait souffrir. Cette démarche permet de donner du sens à certaines expériences de vie et favorise une meilleure compréhension de soi ainsi qu’un mieux-être durable.
À l’aube de ce troisième millénaire, la psychanalyse conserve toute son actualité. Comme au temps de Freud, elle demeure un outil précieux pour comprendre les désirs, les pulsions et les tensions internes qui peuvent parfois envahir le psychisme de manière problématique. Aujourd’hui encore, elle représente pour beaucoup une méthode essentielle d’écoute, de réflexion et de transformation personnelle. Par sa capacité à accompagner chacun dans la découverte de sa vérité subjective, la psychanalyse continue d’affirmer sa modernité et son dynamisme. Une psychanalyse reste à l’évidence le plus beau cadeau que l’on puisse s’offrir.